Alors que le regard du monde était rivé sur Avengers et Final Fantasy VII Remake; le nouveau bébé du studio People Can Fly, Outriders, s’était présenté chez Square Enix à l’E3 2019 au travers d’une sobre bande-annonce dépeignant un univers post-apocalyptique et d’imposants guerriers en armure. Ladite bande-annonce ne dégageait pas grand chose, si ce n’est qu’elle rappelait fortement les trailer en images de synthèse de Gears of War, dont l’épisode Judgement était justement développé par People Can Fly. Si vous n’aviez pas joué à cette exclu Xbox 360, sachez qu’il s’agit certainement du moins bon épisode de la saga. Pas parce que c’était un mauvais jeu, loin de là, mais parce qu’il se montrait très paresseux avec la formule GOW, se contentant de la copier sans réellement y ajouter de l’identité. Nous avions peur qu’Outriders souffre du même syndrome, et disons que ces quelques heures passées en compagnie du jeu, ne nous ont pas vraiment rassurées.

Outriders – Bande-annonce de présentation

  • Genre : TPS / Action-RPG
  • Date de sortie : Fin 2020
  • Plateforme : PC, PS4, Xbox One, PS5, Xbox Series X
  • Développeur : People Can Fly
  • Éditeur : Square Enix

Outdated

Gears of War Judgement est sorti en 2013, clôturant une génération PS360 qui a vu se bousculer les jeux de tirs plus ou moins innovants (l’essor de Call of Duty, Gears of War…). Nous sommes en 2020, ce genre a évolué et le milieu pullule désormais de jeux de tirs coopératifs aux mécaniques RPG, à l’instar de Destiny ou encore Anthem. Outriders arrive donc dans ce contexte avec deux gros objectifs inhérents à la création d’une nouvelle licence : installer un univers original et proposer un gameplay qui se démarque de la concurrence, plus vaste que jamais sur cette génération.

Pour son univers, le titre table sur un mélange entre nature et science-fiction. Si ce mix a pour vocation d’intégrer de nombreuses créatures à la fois organiques et robotiques, nous n’avons pour l’instant vu que de simples humains modifiés et de petits animaux certes sauvages, mais classiques. Cela est cependant à relativiser avec le fait que nous n’ayons testé que le début du jeu. Nul doute que des monstres de plus en plus impressionnants interviendront au fur et à mesure de l’aventure, à l’instar de l’immense colosse aux longs bras présent dans le trailer d’annonce.

Malheureusement, la direction artistique donne pour l’instant peu espoir, ne nous offrant que des décors grisâtres et des personnages sans réel charisme. Le ton gris donne au titre un aspect très générique et risque, s’il est présent durant tout le jeu, d’empêcher l’aspect organique de cet univers science-fiction de s’exprimer pleinement. S’ajoutent à cela des décors aux textures agréables, mais qui manquent de folie et des personnages très lisses. Ce sentiment est d’ailleurs accentué par un aspect “plastique” qui résulte de l’alliage de textures propres avec des animations faciales pas encore au point. Patience néanmoins, puisque le titre ne sortira qu’à la fin de l’année. Il a donc tout le temps du monde pour parfaire sa plastique et se présenter sous un nouveau jour à sa sortie.

Millenium

People Can Flop

Moins aérien qu’Anthem ou encore Destiny, Outriders lorgne plus du côté de la formule terre-à-terre de Gears of War. Il conserve sa progression dans des arènes horizontales, où nous nous déplaçons de couverture en couverture pour rechercher le contact en évitant les balles. Il conserve cette fameuse touche/bouton qui permet d’accélérer nos déplacements entre chaque abri, ces démembrements lorsque l’on explose un ennemi proche au fusil à pompe et y ajoute un léger manque de munitions qui force à bien fouiller chaque ennemi lors des gunfights. Globalement, le titre applique la bonne recette et s’assure un minimum de fun. Le problème, c’est que Gears existe toujours, se porte bien, et que les sensations y sont toujours un poil meilleures. Heureusement, Outriders a deux réponses à cela : premièrement, une construction sous forme d’un gros hub et d’instances à la manière d’un Destiny ou un Anthem et deuxièmement, des pouvoirs, comme dans Destiny ou Anthem.

Millenium

S’il n’y a pas de quoi nous faire un avis définitif, nous avons pu avoir une brève présentation de la routine du titre en nous essayant au début du jeu. Puisque le titre est définitivement avare en surprises, cette dernière ne réinvente rien : création de personnage (très sommaire dans cette démo), gros tutoriel, passage au hub et enfin grosse mission qui se conclue par un boss. Hormis le tutoriel, la totalité du jeu est d’ailleurs jouable en coopération jusqu’à 3 joueurs. 3 comme 3 classes de personnages différentes, qu’il faudra mélanger pour créer un groupe le plus complémentaire possible. Nous avons choisi la classe destroyer, et au vu de la difficulté qu’on eu les collègues à défaire le boss final avec les autres classes, nous avons clairement fait le bon choix.

Chaque classe possède trois pouvoirs qui se rechargent plus ou moins vite selon l’impact. Le destroyer est le profil type du tank et peut provoquer un mini-séisme, se forger une armure de pierre afin de résister aux attaques ennemies et enfin léviter pour ensuite foncer sur un ennemi choisi et infliger de lourds dommages à l’impact. Ces facultés ont permis de renouveler un peu l’expérience de jeu au cours de ces trois heures, mais cela sera-t-il suffisant pour nous tenir en haleine plus longtemps ? Pas sûr. Cette question trouvera réponse dans la gestion des éléments RPG du titre : les arbres de compétences et les évolutions qui en découleront, les armes “sauvages et bizarres” (pour reprendre les mots des développeurs) qui interviendront au fur et à mesure de l’aventure, la variété des missions. Que des éléments sur lesquels nous ne pouvons malheureusement pas avoir de certitudes.

Millenium

Pessimiste

Outriders s’est présenté à nous avec 9 mois d’avance et sans doute était-ce trop tôt. Très loin de la folie et de la fougue du déjanté Bulletstorm, le nouveau jeu de People Can Fly se contente pour l’instant de reprendre les codes vus et revus d’un genre saturé pour les appliquer tels-quels. Que ce soit dans l’univers, la progression ou le gameplay, tout transpire le déjà vu et le déjà joué. De nombreux titres dont il s’inspire sont d’ailleurs toujours en activité et bien plus prometteurs et ambitieux que ce nouveau TPS de chez Square Enix, et ils se démarquent bien plus au niveau de l’identité. Grisâtre et fun sans plus, Outriders se doit d’ajouter de vraies cordes à son arc pour se démarquer s’il veut réellement s’imposer au lancement de la prochaine génération.

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